Quel matériel pour coudre ? Toutes mes machines à coudre passées en revue

Tu te demandes quel matériel pour coudre choisir quand on débute, quand on monte en compétences ou quand on veut se professionnaliser ? Dans cette série de vidéos, je t’emmène dans les coulisses de mon atelier et je te présente toutes les machines à coudre que j’utilise — ou que j’ai utilisées — depuis mes tout débuts. Les reliques, les erreurs, les coups de cœur, les investissements réfléchis… tout y passe.

Parce que oui, mon équipement aujourd’hui répond à des besoins bien précis, liés à mon activité, à ma pratique, à mes projets. Et le tien sera forcément différent du mien. L’idée ici, ce n’est pas de te faire envie, c’est de t’aider à y voir plus clair.

La Super Vigor : la relique de mamie qui m’a tout appris

Tout a commencé avec une machine sortie du grenier de ma grand-mère. Une Super Vigor, sous-marque de Singer, achetée à la Fnac Diffusion le 6 décembre 1969 pour 477 francs. Oui, j’ai encore la facture.

C’est une machine entièrement mécanique, basique dans le sens le plus noble du terme. Elle fait le point droit, le point zigzag serré ou plus large, et elle permet de positionner l’aiguille à gauche, au centre ou à droite. Pas de coupe-fil, pas de marche arrière à proprement parler — on la simule en retournant le tissu — et une canette métallique qu’il faut sortir par le dessous en glissant la plaque.

Elle est lourde comme une enclume, elle ne bouge pas d’un millimètre sur la table, et ça réveille un mort quand elle tourne. Mais elle tient. Et quand j’en ai eu besoin en urgence pour finir 53 rideaux en tissu occultant (oui, 53), elle était là.

Je pense sérieusement à la faire réviser pour l’avoir à l’atelier un jour. Parce qu’elle incarne quelque chose d’important : on n’a pas besoin de la dernière machine pour coudre de belles choses.

La Brother Cultura à 179 € : l’entrée de gamme honnête

Ma deuxième machine, c’était une Brother achetée chez Cultura, avec une table d’extension, pour 179 €. Elle n’est plus là — elle a rendu l’âme et je l’ai jetée — mais elle m’a permis de démarrer confortablement après la Super Vigor.

Ce que je voulais à l’époque : quelque chose de plus silencieux, avec quelques points fantaisie et un coupe-fil. Je m’en suis jamais servie des points fantaisie, évidemment.

Mon conseil honnête sur ce type de machine : si tu sais déjà que tu vas t’investir sérieusement dans la couture, évite l’entrée de gamme à moins de 200 €. Ces machines sont légères, elles bougent sur la table, elles ont des points qui finissent par ne plus être jolis, elles peuvent te décourager si le problème vient d’elle et pas de toi. Mieux vaut attendre un peu, mettre de côté, et partir sur du milieu de gamme autour de 350 à 500 €. Tu le regretteras pas. Evidemment, il y a des exceptions qui peuvent remettre en question ce conseil, mais en général … Le prix reflète la qualité, c’est moins cher, car elle contient beaucoup plus de plastique !

La surjeteuse Lidl OL 1230 : ça dépanne bien pour démarrer, mais attention aux crises de nerfs !

En même temps que la Brother, je me suis offert la surjeteuse Lidl OL 1230. Elle passe une ou deux fois par an chez Lidl et elle coûte pas grand-chose. Pour démarrer et voir si la surjeteuse allait devenir un outil indispensable (spoiler : oui), c’était pas mal.

Elle aussi, elle était légère comme une plume. Elle se déplaçait sur la table, les réglages tenaient quand ils en avaient envie, et elle a fini par tomber en panne en plein milieu d’une commande. Avec ces deux machines d’entrée de gamme, j’ai quand même tenu 1 an et demi à 2 ans et cousu des masques, des lingettes, des paniers, des sarouels enfants, des petits sweat-shirts, et même mes premières culottes ! Ce n’est pas rien.

La Pfaff Ambition 620 : mon premier vrai investissement machine à coudre

Après la Brother, j’avais envie de monter en gamme. De me faire plaisir. Et j’ai craqué pour la Pfaff Ambition 620, aux alentours de 1 000 €.

Ce qui m’a attirée en premier ? L’esthétique. Je suis faible face au marketing, j’assume. Mais au-delà du look, c’est le système IDT intégré qui m’a convaincue. L’IDT (double entraînement), c’est cette petite barre à l’arrière du pied qui vient chercher le tissu par le haut en même temps que les griffes d’entraînement classiques. Résultat : un entraînement du tissu bien plus régulier, particulièrement utile sur les matières glissantes ou épaisses.

Elle est livrée avec un coupe-fil automatique, un alphabet, des points fantaisie, une fonctionnalité boutonnière. Et son enfilage en S est vraiment simple et intuitif.

Deux petites choses à savoir si tu l’as ou si tu l’envisages :

  • Elle a parfois du mal à interpréter la marche arrière : elle peut rester bloquée en arrière si tu réappuies dessus.
  • La prise jack est sensible. Si ta machine semble capricieuse, qu’elle peine à avancer sans raison apparente, la panne peut venir de là. J’ai dû l’envoyer en réparation pour ça — heureusement elle était encore sous garantie.

Depuis, elle sert lors des weekends couture, environ trois/quatre fois par an. Elle a cousu du jean, des manteaux, vraiment tout. Juste : ne lui demande pas de passer 53 rideaux en tissu occultant d’affilée sans broncher. Elle ne l’a pas supporté !

La Pfaff Admire 1000 : ma surjeteuse de secours devenue indispensable

Quand ma surjeteuse Lidl a lâché en plein milieu d’une commande, je n’avais pas fini d’économiser pour celle que je voulais. J’ai fait avec les moyens du bord et j’ai acheté la Pfaff Admire 1000, à moins de 500 €, chez Coudré Brodé (ADI).

C’est une surjeteuse vraiment simple et accessible. Elle s’ouvre complètement pour donner accès à tout le mécanisme — ce qui facilite beaucoup l’enfilage comparé à la Lidl. Elle fait du surjet classique, du roulotté, du flatlock, et tout est bien indiqué dans le livret.

Un point à noter : pas de bras libre. J’avais l’habitude de faire les poignets autour du bras libre sur ma Lidl, j’ai dû m’adapter et apprendre à tourner le tissu dans l’autre sens. Ça s’apprend vite.

Je m’en sers encore régulièrement aujourd’hui, en complément de ma combinée Baby Lock. Quand on a une machine en mode recouvrement, avoir la surjeteuse à côté évite de changer de mode à chaque étape — c’est un vrai gain de temps.

La Janome Memory Craft 6700P : ma machine professionnelle

Là, on passe dans une autre catégorie. La Janome Memory Craft 6700P, achetée chez Coudré Brodé (ADY) en 2024, pour un peu moins de 2 000 €.

Oui, c’est un gros budget. Non, je n’ai aucun regret.

Elle existe aussi chez Elna sous un autre nom — même machine, même système embarqué, juste le logo qui change.

Ce qu’elle m’a passé sans broncher : jean, manteaux, lingerie, matières fines, matières épaisses, tout. Elle est lourde, solide, rapide. Elle a une genouillère pour lever le pied de biche sans les mains, un grand espace de travail pour les projets volumineux, et une plaque stabilisatrice pour les boutonnières qui est vraiment excellente — le tissu est bien maintenu en sandwich, aucun problème de glissade possible.

La seule chose que je lui reproche : l’enfile-aiguille. Je ne l’utilise pas, je le trouve peu pratique sur ce modèle. Ce n’est pas grand-chose. J’utilise ma pince Bruxelles par réflèxe pour enfiler l’aiguille.

Elle a récemment été révisée pendant que j’animais des ateliers au Petit Lapin Rouge. Verdict : propre mais légèrement sèche, sûrement parce que depuis que j’ai ma piqueuse plate industrielle, je l’utilise un peu moins. Elle a été lubrifiée, elle ronronne à nouveau comme un chaton.

C’est la machine que je garderai dans mon futur atelier pour tout ce qui est boutonnières, lingerie, zigzag, et points techniques. Elle vaut son prix.

La Baby Lock Désirée 3 : ma combinée recouvreuse surjeteuse

Quand j’ai voulu évoluer côté finitions et maille, j’étais obnubilée par la Gloria de Baby Lock (entre 3 500 et 4 000 €). Mais ce n’était pas le bon moment financièrement — et puis j’emmène souvent une machine en weekend couture pour la prêter aux participants. Emmener une machine à 4 000 € sur route : je n’avais pas envie de prendre le risque.

En cherchant, j’ai trouvé au Petit Lapin Rouge à Boé (revendeur Baby Lock) un modèle d’exposition : la Baby Lock Désirée 3, une combinée recouvreuse surjeteuse, à 1 400 € au lieu de 2 000 €. Je n’ai pas longtemps hésité.

Ce que j’aime particulièrement dessus : le pied transparent. Sur un ourlet de t-shirt en recouvrement, quand tu arrives à ton point de départ pour bloquer ton point, tu dois repasser sur 1 à 2 cm de couture. Avec un pied opaque classique, on ne voit rien et on se loupe facilement. Avec le pied transparent, tu vois exactement où tu reposes. C’est un game changer, comme disent les jeunes.

Dans la pratique, je la laisse quasiment toujours montée en recouvrement et j’utilise la Pfaff à côté pour le surjet. Changer le mode est rapide, mais quand tu en as deux, autant les garder chacune dans son rôle et enfiler les mêmes couleurs de fil sur les deux. Ça va beaucoup plus vite.

La Jack A5E : ma piqueuse plate industrielle

C’est la machine que j’utilise le plus aujourd’hui. Presque tout passe dessus — sauf la lingerie et les boutonnières que je fais sur la Janome.

J’avais testé une Juki industrielle chez mon amie Nathalie avant de me décider, et j’étais tombée en amour. Les piqueuses plates industrielles d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec celles d’il y a 20 ans.

Mon choix s’est porté sur la Jack A5E, une marque chinoise, conseillée par Laurent Glassman (Glassman Paris). Elle m’a coûté 1 300 € avec la livraison sur palette incluse, déjà montée. J’ai juste eu à la déballer et à la brancher.

Ce qui la distingue :

  • Coupe-fil automatique qui coupe à 5 mm du tissu — presque à ras.
  • Puce IA intégrée qui adapte la tension du pied en fonction des épaisseurs : épaisseurs multiples, angles de couture, aucun problème.
  • Carter d’huile soudé avec jauge visible. Elle s’huile quasiment toute seule — on voit l’huile s’éjecter dans le petit bloc plastique quand on coud à pleine vitesse.
  • Canette côté avec un système d’accès pratique.
  • Un système de changement de pied rapide (merci Laetitia pour l’astuce !) : un petit adaptateur récupéré sur Temu pour quelques euros qui permet de changer de pied sans tournevis.

Les cônes de fil classiques (comme pour la surjeteuse) s’utilisent directement dessus, tout l’enfilage est extérieur, zéro problème d’encrassement.

L’avantage des machines industrielles, c’est qu’elles font une seule chose — mais elles la font parfaitement.

Ce que j’ai appris en parcourant tout cet équipement

Si je devais résumer en quelques lignes ce que m’ont appris toutes ces machines :

Commence avec ce que tu as ou ce que tu peux te permettre — une Super Vigor de 1969 peut encore faire du zigzag en 2026. Mais ne reste pas bloquée sur une machine d’entrée de gamme si tu sens qu’elle te freine.

Investis en fonction de ta pratique, pas de la tendance. La Gloria était mon rêve, mais la Désirée 3 correspondait mieux à mon usage réel. Sois honnête avec toi-même sur ce que tu fais vraiment.

Chaque machine a son rôle. Aujourd’hui j’ai une piqueuse plate, une recouvreuse, une surjeteuse et une machine polyvalente. Chacune est à sa place et j’en ai besoin de toutes — parce que la couture est devenu mon travail.

L’entretien, c’est pas optionnel. Une machine sèche fait du bruit, saute des points, perd de sa précision. Un peu d’huile régulièrement et un entretien chez un professionnel tous les deux ans, ça change tout.

Tu as des questions sur une machine en particulier ? Tu utilises l’une de celles que j’ai citées ? Dis-moi en commentaire — ces vidéos et cet article sont là pour que tout le monde puisse y trouver des réponses.


Retrouve la série complète en vidéo sur ma chaîne YouTube Raton et Panda.

Cet article est la version texte des épisodes 1, 2 et 3 de ma série « Mes machines à coudre ».

Episode 1 : https://www.youtube.com/watch?v=Q6xCTZtj7gA&t=654s

Episode 2 : https://www.youtube.com/watch?v=taM2McDDTtA&t=374s

Episode 3 : https://www.youtube.com/watch?v=csYL2wLLdqM 

 

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